Les contes de Louis Schneegans, mars – Le puits dans la cathédrale

Isaac Brunn, « Nef de la cathédrale de Strasbourg en 1630« . Le puits est visible dans le bas-côté droit.

Dans le bosquet consacré aux dieux, là où s’élevaient trois hêtres, à côté de la pierre sacrificielle, jaillissait une source sacrée autour de laquelle on avait construit une fontaine.

C’est là que jadis, au temps des païens, les prêtres lavaient les victimes offertes au terrible dieu de la guerre.

Et la source était si chère aux tribus qui, des environs immédiats et jusques aux confins les plus éloignés, en occupaient les terres, qu’elle fut préservée à l’époque où Clovis, le pieux roi des Francs, chassa le paganisme des demeures alsaciennes.

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La cathédrale et la philatélie – Les premiers timbres (1886-1939)

Depuis la guerre de 1870, Strasbourg est allemande. Son organisation postale ne prévoit que l’acheminement du courrier de ville en ville ; rien n’est prévu pour la distribution des lettres intra-muros. Cent soixante villes allemandes, dont Strasbourg, vont profiter de cette lacune pour se doter d’organismes postaux privés. Ainsi fut créée à Strasbourg, le 1er novembre 1886, la « Privat-Post-Verkehr Strassburg ».

Émission du 13 janvier 1887, type cathédrale (collection personnelle).

Un premier timbre, émis le 4 novembre 1886, reproduit « les armes de Strasbourg » : il fut interdit pour sa grande ressemblance avec les timbres de l’Empire allemand (timbre n° 32 d’Allemagne). Pour éviter la confusion, lui succéda le 1er décembre un nouveau timbre reproduisant la cathédrale de Strasbourg. De 1886 à 1890, 86 timbres, aux valeurs faciales diverses, aux formats et variétés de couleurs différents, cartes lettres et enveloppes, seront émis à l’effigie de la Cathédrale, avec l’inscription dans un cadre du timbre : « PRIVATPOST STRASSBURG ».

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Le Bulletin 2020

Le nouveau numéro du Bulletin de la cathédrale de Strasbourg comprend toute une série d’articles sur le Pilier des anges, fruit d’un colloque organisé à l’université de Strasbourg par Philippe Lorentz et Denise Borlée. Des spécialistes aussi réputés que Fabienne Joubert, Jean-Pierre Cailler, Jean-Marc Hoffman et Denise Borlée y présentent les résultats de leurs travaux sur ce chef-d’œuvre de la sculpture médiévale. Je leur sais gré d’avoir confié leurs textes à notre Bulletin, mes remerciements s’adressant tout particulièrement à Denise Borlée qui a réuni ce corpus et programmé cette partie du présent volume.

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In memoriam Christian Decolon

En juin 2019 nous avons perdu un membre et ami qui nous était cher. En effet, Christian Decolon nous a quittés soudainement et d’une façon tout à fait inattendue. A la sortie de la cathédrale, alors qu’il voulait rentrer chez lui tout en profitant d’un temps des plus agréables, il s’est brutalement affaissé. Sa tête a heurté le bord du trottoir, violemment, tant et si bien que les secours n’ont pu le réanimer, malgré la rapidité de leur intervention. La nouvelle de son décès a fait mal à tous ceux qui le connaissaient et à qui sa sociabilité, sa disponibilité et sa culture l’avaient rendu cher.

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5. Das Grüselhorn und der Judenblos

Im Sommer des Jahres 1349 kam in das Elsass das größte, schauderhafte Sterben, das bis dahin die Rheinlande heimgesucht hatte.

Aus Asien und Afrika herüber kam die Pest nach Europa und würgte, in der Christenheit gleich wie in der Heidenschaft, die Menschen zu Tausenden, denn, nach dem Berichte der gleichzeitigen Chronikschreiber, herrschte dieses Sterben von einem Ende der Welt bis zu dem anderen, jenseits wie diesseits der Meere.

Den schwarzen Tod nannten die von Schrecken und Entsetzen ergriffenen Völker diese grausame Pest.

Gräulich wütete dieselbe, zu Straßburg wie allenthalben: bei sechszehntausend Menschen gingen zu Grabe, und namenlos war der Jammer und das Elend!

Die Juden allein blieben verschont vor dem Tode, zu Straßburg wie auch an anderen Orten; und hier, wie anderswo, den ganzen Rhein entlang, erscholl die unheilvolle Kunde, daß sie Gift in die Brunnen geworfen und also das Wasser verdorben und das grausame Sterben hervorgerufen hätten.

Und weithin, in vielen Städten, vom Meere hinweg bis in die deutschen Lande, wurden die Juden verbrannt von den ergrimmten Völkern…

Emile Schwitzer, Bild (1894) dem Judenpogrom in Straßburg der 14. Februar 1349
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Les contes de Louis Schneegans, janvier – Le cor de la terreur et la trompe des Juifs

Au cours de l’été 1349, se répandit en Alsace la plus grande et la plus épouvantable vague mortelle qui eût jamais frappé les pays rhénans.

Venu d’Asie et d’Afrique, le fléau toucha l’Europe où il tua de male mort des milliers de personnes, aussi bien des chrétiens que des païens, car, comme le rapportent les chroniqueurs de cette époque, cette mort sévissait d’une extrémité du monde à l’autre, au-delà des mers comme de ce côté-ci.

Terrifiés et horrifiés, les peuples appelèrent ce fléau cruel la peste noire.

Elle fit rage, à Strasbourg comme partout ailleurs : environ seize mille personnes furent mises en terre, et il n’y avait pas de mot pour qualifier cette détresse et cette désolation !

Le « Grüselhorn », trompe en bronze portant d’un côté l’écu de la ville, de l’autre celui de l’Œuvre Notre-Dame.
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Dezember 2020: die Eibe

Betreff: Münster

Der Baum der Unsterblichkeit.

Die Eibe, auch Taxusbaum genannt, wird in Französisch einsilbig als „if“ bezeichnet – ein Wort, das wahrscheinlich mit dem gallischen „ivos“ verwandt ist und den Ursprung des Vornamens Yves lieferte.  Der lateinische Name „taxus“ stammt vermutlich von einer indoeuropäischen Wurzel ab, die „geschickt arbeiten“ bedeutet und sich auf die Verwendung des extrem harten Eibenholzes bezieht.

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L’herbier de bronze de Shirin Khalili – Décembre : l’if

Côté Cathédrale

L’arbre de l’immortalité.

Le nom if viendrait du gaulois ivos, dont dériverait le prénom français Yves. Le nom latin taxus viendrait quant à lui d’une racine indo-européenne signifiant « travailler habillement » faisant référence à l’usage du bois extrêmement dur de l’if. Planté aux abords des cimetières, à feuillage toujours vert et persistant, l’if est empreint d’une grande valeur symbolique, alliée au culte des morts. Il est aussi bien associé à l’immortalité en raison de sa longévité, qu’à l’avortement et à la mort par la forte toxicité de toutes ses parties en dehors de ses arilles rouges.

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4. Der heilige Hain und die drei Buchen

Uralte, halb verklungene Sagen, berichten, daß der Ort, wo jetzt das Münster sich erhebet, und des wundervollen Thurmes Spitze so kühn empor gen Himmel raget, seit mehr denn zwei Jahrtausenden, eine Gott geweihte und geheiligte Stätte sei.

Lange, lange Zeit vor Christi Geburt, da stund auf der Anhöhe, auf welcher seitdem die weltberühmte Domkirche erbauet wurde, ein heiliger, dem Kriegsgotte geweiheter Hain. Denn nicht in Mauern, von Menschenhänden aufgerichtet und nicht unter irgend einer von menschlichem Geiste erdachten Gestalt, beteten einst, im Heidenthume, die alten Deutschen ihre Götter an. Im geheimnißvollen, schaurigen Dunkel heiliger Haine, im undurchdringlichen Schatten dichtverwachsener Urwälder, welche keine Axt berührte, da wohnte die Gottheit, unsichtbar und unerreichbar dem irdischen Auge; ihre Gegenwart aber und ihr Wirken bezeugten das Rauschen der Wälder, das Lispeln der Blätter, das Gesprudel der Wellen, das Funkeln der Sterne und der Segen der Erde.

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Les contes de Louis Schneegans, décembre – Le bosquet sacré et les trois hêtres

A en croire de très vieilles légendes dont on ne perçoit plus qu’un faible écho, l’endroit où se dressent aujourd’hui la cathédrale et la merveilleuse flèche de la tour, celle qui s’élève si hardiment vers le ciel, serait depuis plus de deux millénaires un lieu sacré et un sanctuaire.

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