« Rose d’Erwin », de Lucie Rose Galvani

Voici l’un de mes deux tableaux réalisés en l’honneur de la Rose Ouest de la Cathédrale de Strasbourg. Il est le fruit de ma recherche géométrique sur le tracé des roses gothiques et le motif est entièrement tracé au compas et à la règle. Pour mettre en lumière la délicate dentelle de cette rose j’ai utilisé de la feuille d’or véritable et des pigments précieux.

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Jean-Richard Haeusser, dernier architecte en chef de l’Œuvre Notre-Dame

Vient de paraitre en avril, sous la plume d’Edgard Nullans, qui signe dans les blog les articles philatéliques, un ouvrage dédié à Jean-Richard Haeusser, dernier architecte en chef de la Fondation de l’Œuvre Notre-Dame de Strasbourg dans son statut originel (1971-1999).

Jean-Richard Haeusser et Jack Lang, Ministre de la Culture – Ph. Jahrbuch 1986 des Bildhauer und Steinmetzhandwerks Baden

L’auteur retrace le parcours professionnel de ce strasbourgeois amoureux de la cathédrale, qui se consacra près de trente années à sa restauration et à son entretien, avec notamment la résurrection de la tour de croisée, la « tour Klotz ». Le lecteur découvrira également au fil des pages, à la belle iconographie, les diverses passions du personnages : la peinture, la sculpture mais aussi les jouets, sa collection étant aujourd’hui exposée à la Nef des jouets, à Soultz-Haut-Rhin.

Edgard Nullans a également publié chez le même éditeur, Jérôme Do Bentzinger, La cathédrale de Strasbourg à travers les timbres et les cartes postales anciennes.

Eugène Dock (1827-1890) à la cathédrale de Strasbourg

Depuis peu, les dessins et réalisations d’Eugène Dock sont redécouverts : une première exposition au musée Bartholdi de Colmar sur ses liens avec le célèbre sculpteur, une deuxième à la Bibliothèque Nationale et Universitaire de Strasbourg portant sur ses dessins…

Eugène Dock (photo DNA/Nicolas Pinot)

Artiste aux multiples casquettes (sculpteur, statuaire, dessinateur, ornemaniste), Dock a commencé son apprentissage dès l’âge de dix-huit ans dans les ateliers de l’Œuvre Notre-Dame et complète sa formation à l’école des Beaux-Arts de Paris. Un de ses premiers employeurs est l’ébénisterie Tahan à Paris, avec laquelle il prend part à l’Exposition Universelle en 1855. Environ cinq ans plus tard, il revient dans sa région natale. Mais le véritable tournant dans sa carrière est lié aux réfections qui suivent la guerre de 1870 : la Préfecture, l’Aubette, la maison Kammerzell mais aussi la cathédrale.

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La vérité sur le faux rayon vert

Chaque année, aux jours d’équinoxe, un rayon de soleil vient éclairer une sculpture en pierre de la chaire. Cette sculpture représente un Christ en croix et la lumière de ce rayon de soleil est verte. En effet celui-ci traverse simplement un morceau de verre de couleur verte qui forme le pied d’un personnage de vitrail. Ce dernier est situé en partie haute de la nef, dans la quatrième travée du triforium sud.

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Cathédrale dans le brouillard

Cette cathédrale est un véritable personnage; elle fait penser à ceux de Balzac qui « n’acquièrent de la signification que parce qu’ils croient à la signification de l’atmosphère dans laquelle ils vivent » (Robert Musil, Journaux) .

J’aime particulièrement cette photographie car la cathédrale y est tellement présente, comme si elle balayait tranquillement le flou que le brouillard tente de lui infliger.

Bernard Stoloff
www.bernard-stoloff.fr/

Scandale en 1891 : on a chanté du sommet de la tour !

« Il est généralement admis que l’heure maléfique des esprits a atteint son terme quand la cloche sonne une heure du matin. La nuit passée, cependant, exception a été faite à cette loi des esprits. Toute personne qui regagnait ses pénates vers une heure et demie du matin en passant par la place de la cathédrale – ou place du Château – était invitée à jouir d’un pur délice pour ses oreilles, qui paraissait venir des esprits. En effet, du haut de la tour de la cathédrale résonnait un chant qui semblait très étrange à qui se promenait tout en bas. Mais si ce promeneur s’arrêtait dans l’espoir de saisir quelque formule magique, il devait être déçu à cet égard, car c’étaient des chansons allemandes bien connues qui y résonnaient là. Après la chanson sur la merveilleuse ville de Strasbourg[1], c’est la forêt qui se trouve toujours et encore « là-haut[2] » qui fut chantée et les voix s’éteignirent après l’élégiaque « Que Dieu t’ait en sa garde[3] » de Neßler. Les chants finirent donc sur une note d’une résonance bien mélancolique et bien mélancolique aussi sera le regard des chanteurs quand la sainte confrérie[4] aura mis la main sur eux. « Chanter de façon intempestive » est passible d’une sévère punition. »

Cet article paru le 7 septembre 1891 dans les Straßburger Neueste Nachrichten[5] est intéressant à plus d’un titre.

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Mythe d’Erwin ou de la cathédrale ?

Le personnage d’Erwin a connu une large expansion dans le champ artistique : peintures et sculptures, notamment, le célèbrent à l’envi. Le tableau de Théophile Schuler, La construction de la cathédrale, 1842, en est à la fois l’illustration et le dépassement, à plus d’un titre.

Erwin

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Le petit chien de Balthazar

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Le cortège des Rois Mages du portail nord de la cathédrale (portail Saint-Laurent), début du XVIe siècle, avec les copies modernes

Saint Mathieu est le seul des quatre évangélistes à évoquer la venue de sages venus de l’Orient rendre hommage au roi des Juifs à Bethléem (2, 1-12). Au IIIe siècle, c’est acquis : ils sont rois, ils sont trois, ils incarnent à la fois les trois âges de la vie et les trois parties du monde alors connues, Asie, Afrique et Europe. Au VIIIe siècle, ils portent un nom : Melchior, Gaspard et Balthazar. Au début du XVIe siècle, ces réécritures successives ont la légitimité de la tradition et lorsque Jean d’Aix-la-Chapelle sculpte le portail Saint-Laurent de la cathédrale, il n’a guère de marge de manœuvre. Sur l’ébrasement gauche, la place d’honneur est dédiée à une monumentale Vierge qui porte l’Enfant dans ses bras. Celui-ci se penche en avant et s’intéresse au personnage suivant, un vieillard tête nue qui plie un genou devant lui et ouvre son calice : Melchior. A ses côtés, prêt à rendre l’hommage à son tour, désignant le Christ du doigt, Gaspard, le mage d’âge mûr. Et enfin, le plus jeune des trois, Balthazar, le maure aux traits bien reconnaissables, ôte son chapeau en signe de déférence. Derrière lui, peu visible et à l’écart, un de ses suivants attend. Continuer à lire … « Le petit chien de Balthazar »

Les incendies de la cathédrale de Strasbourg du Moyen Âge à l’époque contemporaine

Le terrible incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris survenu le 15 avril 2019 a rappelé au monde entier la vulnérabilité des anciens monuments face au feu. L’opinion alsacienne s’est immédiatement inquiétée de l’existence d’un tel risque à la cathédrale de Strasbourg et des mesures prises pour le réduire au minimum (Dernières Nouvelles d’Alsace du 17 avril 2019). Comme bien d’autres monuments historiques, la cathédrale de Strasbourg a déjà été touchée par plusieurs incendies au cours de son histoire millénaire, avec des causes et des conséquences variées. Continuer à lire … « Les incendies de la cathédrale de Strasbourg du Moyen Âge à l’époque contemporaine »

Élisabeth de Thuringe

Parmi les sculptures de la cathédrale, figure en bonne place la statue de cette sainte, le long de la chapelle Sainte-Catherine. Intéressons-nous à cette œuvre.

De la biographie à l’histoire  

Elisabeth 1Née fille de roi au nord de la Hongrie en 1207, elle fut fiancée à quatre ans au fils du duc de Thuringe à la cour duquel elle fut dès lors élevée. A treize ans son mariage fut célébré et elle donna rapidement le jour à trois enfants, la famille vivant à la Wartburg, à Eisenach. Elle ne cessa dès lors de pratiquer des œuvres de bienfaisance, illustrées ici par le mendiant à ses côtés. A la mort de son époux, elle fut chassée de son palais par son beau-frère avant de recouvrer ses droits grâce au soutien de l‘empereur. Marquée par l’esprit de pauvreté prôné par l’Évangile, elle s’établit à Marburg en Hesse, dans un ermitage et prononça ses vœux dans le Tiers-ordre franciscain en 1230. Ne lésinant jamais sur les moyens, elle finança de ses deniers un hôpital et ne cessa de se dévouer aux plus démunis, notamment les malades. Elle mourut en 1231, à 24 ans. Continuer à lire … « Élisabeth de Thuringe »