Un « Rayon Rouge » au solstice d’hiver ?

De novembre à fin janvier, il est un rendez-vous matinal auquel j’aime me rendre en la cathédrale de Strasbourg. C’est le 6 janvier 2017, jour de l’Épiphanie, que j’ai vu pour la première fois un joli spot rouge auréolant, tel le fameux rayon vert, le Christ en croix sur la chaire de Geiler.

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Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 3. Vitraux et peintures

Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 1. Les monuments disparus
Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 2. Les sculptures

La dernière étape nous mènera en deux stations vers la fin de notre pèlerinage, à l’image des fidèles qui touchaient enfin au but en arrivant au chœur de la basilique espagnole.

Ultime station avant l’arrivée, les vitraux. Comment auraient-ils pu ne pas s’intéresser à notre saint ? Et de fait, on trouve sa représentation sur plus d’un vitrail. Saint Jacques figure ainsi dans la chapelle Saint-Catherine où il est le troisième à gauche dans la galerie des apôtres. On le retrouve dans le narthex où on le reconnaît sur le vitrail sud (milieu du XIVe siècle), quatrième personnage depuis le bas dans la lancette de gauche. Vêtu de jaune et de rouge, il tient une coquille à la main (difficilement visible il est vrai).

Jacques 1Plus intéressante probablement est sa représentation sur un vitrail (vers 1410-1430) de la galerie du chevet, vitrail qui provient de l’église des Dominicains. Il y est saisi en majesté et assis dans un cadre qui n’est pas sans évoquer le maître autel de la cathédrale de Compostelle. Sa chevelure blonde ceinte d’une auréole, il tient dans sa main gauche le bourdon (embelli tel un sceptre) orné de la coquille, le tout sur un fond bleu surmonté d’arcatures qui renvoient à un édifice religieux. A ses pieds l’on reconnaît des orants qui, mains jointes et têtes levées vers lui, lui adressent leurs prières, expression imagée des nombreux fidèles et pèlerins qui viennent l’invoquer avec ferveur. Et donc aussi de sa notoriété pendant toute l’époque médiévale. Continuer à lire … « Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 3. Vitraux et peintures »

Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 2. Les sculptures

Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 1. Les monuments disparus

PorteSaint Jacques nous accueille dès l’entrée de la cathédrale et en position fort honorable. Ainsi le vantail gauche du portail central offre juste sous la poignée gauche une figuration sculptée de notre saint, remarquable par une particularité. Contrairement à l’habitude, on n‘y voit pas en effet les attributs traditionnels qui permettraient au profane de le reconnaître facilement. Mais, assis sur un banc de pierre, il tient de sa main droite un glaive pointé vers le haut, cependant que l’index levé de sa main gauche attire l’attention du spectateur et du fidèle et désigne probablement, vu son orientation, sa tête pour évoquer son martyre par décapitation. Son identification est aisée : en agrandissant la photo on peut lire le long de son avant-bras gauche IAQOBUS MAJ. Continuer à lire … « Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 2. Les sculptures »

Saint Jacques à la cathédrale de Strasbourg – 1. Les monuments disparus

A l’heure où nombre de pèlerins sillonnent par monts et vaux les sentiers de Compostelle, nous vous proposons un cheminement autre : la cathédrale de Strasbourg offre, par ses nombreuses représentations de saint Jacques le Majeur, l’occasion d’un voyage dans le temps et dans l’espace.

D’après les évangiles synoptiques et les Actes des Apôtres, Jacques est le frère de l‘apôtre Jean, deux pêcheurs qui laissent leur barque pour suivre Jésus. Avec Pierre et Jean il assiste à la résurrection de la fille du chef de la synagogue, à la Transfiguration et à la scène qui se déroule au mont des Oliviers. C’est dire son importance. Les Actes mentionnent très succinctement sa mort par décapitation sur ordre d’Hérode Agrippa, dernier roi juif de Judée. Selon la légende, il aurait gagné l’Espagne pour évangéliser ce pays où ses os auraient été apportés et sa tombe découverte ultérieurement.

L’iconographie traditionnelle permet de le reconnaître aisément : coiffé d’un chapeau orné d’une coquille et à larges bords, il tient dans ses mains le bourdon (= le bâton) du pèlerin et est vêtu d’une grande cape qui laisse entrevoir sa gourde et sa besace. Parfois il est doté d’une épée en mémoire de son martyre.

Notre première étape nous emmène dans le passé de la cathédrale, en quête de ce qui a disparu ou dont il ne reste plus que des traces. Une gravure d’Isaac Brunn, publiée en 1617 dans ce qui est le tout premier guide de la cathédrale (Summum Argentiniensium Templum), montre l’ancien portail du transept sud, différent de l’actuel.

1 portail
Le portail sud au début du XVIIe siècle. Saint Jacques est le n°12.

Saint Jacques (n°12) y figurait parmi ses condisciples, à côté de la statue de la Synagogue. Chevelu et barbu, il y tenait à la main un livre sur lequel figuraient deux coquilles. S’agissait-il d’un livre d’heures ou de l’Évangile ? On ne saurait le dire. En tout cas l’allusion à l’épître de Jacques est exclue, puisqu’elle était alors traditionnellement attribuée à Jacques le Mineur.

A l’intérieur, notre saint était représenté sur plusieurs autels. C’était le cas d’un autel sur le jubé, situé tout à droite, à côté de la colonne et tourné vers le chœur. Offert par l’Ammeister Nicolas Schneider et sa femme Anna en 1338, il disparut en 1682 lors de la suppression du jubé. S’y ajoutait un autel dont l’emplacement n’est pas connu et qui avait été consacré à saint Jacques, à saint Martin et aux saints Innocents, avec une prébende offerte en 1312 par Konratd Schidelin et sa femme Metza.

Enfin, dans le bas-côté sud, à l’endroit où se trouve actuellement le stand de souvenirs, était situé un autre autel disparu lui aussi. Il était consacré à la sainte Trinité, à saint Jacques-le-Majeur, à sainte Catherine et saint Josse. Commandité par Henri Olding en 1334, il fut probablement détruit à la Réforme. Mais sa dédicace en latin est encore lisible car gravée dans le mur : « Anno dni MCCCXXXIIII constructum est et dotatum hoc altare […] in honore sce Trinitatis ac gloriose virginis Marie genitricis dei ac sancti Jacobi apostoli maioris ac sancte Kacherine Virginis et martiris et sancti Jodoci confessoris ». Ce qui signifie : « Cet autel a été érigé et doté en l’année du Seigneur 1334 […] en l’honneur de la sainte Trinité et de la glorieuse vierge Marie mère de Dieu et de l’apôtre saint Jacques le Majeur et de sainte Catherine vierge et martyr et de saint Jodoque confesseur. » Notons que saint Josse (Jodoque sous sa forme savante) figure dans cette dédicace parce que patron des pèlerins, avec les attributs desquels il est souvent représenté. L’inscription elle-même court sur les deux travées de droite sur la photo où elle est encore visible de nos jours, bien que difficilement lisible.

2 autel
La dédicace de l’autel de saint Jacques de 1334, dans le bas-côté sud.

A ces éléments disparus il convient d’ajouter une confrérie d’accompagnement des malades et des morts (Bruderschaft für Priester und Laien beiderlei Geschlechts) placée sous le patronage de notre saint. Créée en 1484 avec pour siège l’église des Dominicains, elle est transférée en 1524 dans la cathédrale, plus précisément à l’autel consacré à saint Dieboldt, probablement démantelé lors de la Réforme. Cet autel était situé à l’actuel emplacement de l’autel saint André, entre l’entrée de la chapelle du même nom et la tour des poids de l’horloge.

On estime par ailleurs que trois autels ont été consacrés dans la cathédrale à saint Jacques, preuve de la renommée de ce saint et de sa notoriété en Alsace. Le temps et ses tribulations ont eu raison de tous ces ouvrages, à jamais disparus.

Sur une idée et des photos de Bernard D.
Texte de Francis K.

De Chartres à Strasbourg – La statue de sainte Modeste à la cathédrale de Chartres, par Lucie Maechel

La légende de sainte Modeste s’est développée au Xe siècle et raconte que saint Potentien et saint Savinien avaient évangélisé Sens puis Chartres et avaient baptisé Modeste, la fille du magistrat romain Quirinus, à son insu. Sur son ordre, les trois chrétiens furent décapités et leurs corps jetés dans le puits de la crypte de la cathédrale dit des ‘’Saints Forts’’ aujourd’hui encore visible.

Cet épisode est relaté dans le porche du transept nord, dans la baie de droite qui porte sur le revers les statues de saint Potentien et sainte Modeste. Elles ont été exécutées entre 1198 et 1224 et annoncent l’avènement du gothique. Continuer à lire … « De Chartres à Strasbourg – La statue de sainte Modeste à la cathédrale de Chartres, par Lucie Maechel »

Ode à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg

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Ô Notre-Dame, jusqu’à quelles extrémités
Me porteras-tu à t’aimer ?
Du plus profond de l’abîme vermeil
Me viennent en pensées tes merveilles.
De ta silhouette divine l’azur du ciel
Est honoré, et en face de l’Éternel,
Chante le chœur des anges chérubins,
Séraphins, remplis le cœur des saints,
Et ce Erwin avec vous par la légende
Des siècles, a gravé l’espace par offrande,
Et cette rose là-haut toute parfaite,
M’enivre de sa clarté et ses facettes.
Nul ne peut, personne, devant toi,
Je le dis bien haut, plein de joie,
Soulever la tête sans être rempli
De cette présence vraiment infinie. Continuer à lire … « Ode à la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg »

Les Colibris de la cathédrale

Connaissez-vous Les Colibris ? Rattachée à la cathédrale de Strasbourg depuis 2009, cette troupe d’une bonne trentaine de jeunes chanteurs de 8 à 18 ans a fêté son trentième anniversaire en 2014.

DSC_0153Sous la houlette bienveillante de M. Wackenheim, archiprêtre et membre de notre comité de direction, ces oiseaux chanteurs se réunissent chaque mardi soir à 18h30 au Münsterhof pour 90 minutes de répétitions. Ils s’y entraînent avec allégresse à un répertoire qui comprend aussi bien des chants liturgiques français, tel le bien connu Trouver dans ma vie ta présence, que des chansons de variété. Ils ne reculent ni devant les langues puisqu’ils chantent en français comme en allemand, en anglais comme en russe… ni devant les genres. Certes M. Wackenheim propose la plupart des chants, mais esprit ouvert il sollicite aussi l’avis des chanteurs. Ces derniers donnent alors libre cours à leurs goûts et mettent tout leur cœur à We are the World, de Michael Jackson. Et le succès est au rendez-vous. Car nos jeunes chanteurs sont connus. N’ont-ils pas été sollicités par l’ancien adjoint au tourisme pour la chanson Strasbourg capitale de Noël ? N’ont-ils pas participé récemment, sur invitation de la Ville, à la fête de la Sechsenläute à Zürich ? Continuer à lire … « Les Colibris de la cathédrale »