L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Novembre : le pommier

Côté Cathédrale

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Le fruit de la tentation

Pommes d’Or du jardin des Hespérides, ayant le pouvoir de charmer quiconque les regarde, ou pomme de vengeance jetée par la déesse Discorde pour diviser et semer la dispute entre les dieux, la pomme a depuis l’antiquité et la mythologie grecque, des vertus qui peuvent faire pencher du côté du mal.

Ainsi, les textes bibliques ne font que reprendre ce même poids de séduction et de division qui mènera Adam et Eve à croquer la pomme interdite et se faire chasser du jardin d’Eden. La pomme d’Adam symbolise donc le déchaînement des désirs terrestres et la quête de l’immortalité.

L’iconographie chrétienne représente volontiers la scène du péché originel à travers les vitraux et les sculptures des cathédrales. Continuer à lire … « L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Novembre : le pommier »

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L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Octobre : le blé

Côté Cathédrale

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Ceci est mon corps !

Jésus dit : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits » (Evangile selon Saint Jean). Cette métaphore décrit le symbolisme du blé souligné tout au long des textes bibliques. D’une part, don gracieux de Dieu et d’autre part mobilisant constamment les hommes par le soin, le blé cristallise les questions liées à la justification du travail. Il apporte nourriture mais il exige de l’homme de contribuer à cette multiplication.

Sa présence sur la Cathédrale médiévale est donc logique à travers des scènes de labeurs, récoltes et travaux des champs (portail sud, côté droit, en quinconce des signes du zodiaque). Continuer à lire … « L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Octobre : le blé »

L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Septembre: la vigne

Côté Cathédrale

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Consolation, joie et Saint Esprit…

On attribue à Noé l’invention du vin, « consolation tirée du sol que le Seigneur a maudit ». La vigne et le vin, symboles de joie, de l’Esprit Saint et de sagesse, sont cités plus de 450 fois dans la Bible. Ceci peut expliquer la forte présence de la plante dans les cathédrales.

A Strasbourg, c’est le motif végétal le plus présent. Son identification dans les sculptures ne laisse aucun doute tant sa reproduction est fidèle. On distingue clairement le mouvement ondulatoire de la tige, la nervation palmée des feuilles et la forme des fruits.

En frise verticale et en décoration de console sur le portail latéral nord, sculptés sur les chapiteaux des colonnes intérieures du bas-côté sud, ou encore en magnifique guirlande tout le long de l’escalier de la chaire, sa représentation est un témoignage de la très grande habileté des sculpteurs du Moyen Age et de leur sens poussé de l’observation. Ils rendent ainsi hommage au vin, symbole par excellence, avec le pain, de la vie chrétienne.

Côté végétal

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Vitis vinifera L. – Vitacée

La vigne est une liane aux feuilles profondément lobées qui peut atteindre 15 mètres de hauteur si elle n’est pas taillée. Le raisin et sa « grappe » de baies juteuse sont l’un des plus anciens fruits cultivés par l’homme. Il est consommé cru, séché, en jus, ou fermenté en vin. Riche en vitamines, sels minéraux et sucres, il est diurétique, énergétique et facilement digéré. Son ancêtre, la vigne sauvage (Vitis vinifera subsp. sylvestris) porte de petites grappes aux fruits espacés, acides et peu sucrés. Elle pousse dans les forêts alluviales des grands fleuves d’Europe et d’Asie tempérée, là où le sol sableux et régulièrement inondé a empêché l’infestation des racines par le phylloxera, un insecte qui a décimé le vignoble français dans la seconde moitié du XIXe siècle.

La domestication de la vigne se serait opérée il y a 8000 ans dans le Caucase. Ensuite la vigne cultivée a peu à peu gagné l’ouest du bassin méditerranéen. Les Phocéens l’introduisirent six siècles avant J.-C. à Marseille, puis sa culture s’étendit vers le nord, d’abord à la période romaine puis à l’époque carolingienne.

Merci à Frédéric Tournay, botaniste de talent.
Dessin : Jaime Olivares.
Photo : Shirin Khalili.

L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Août : l’églantier

Côté Cathédrale

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La rose de Marie

La rose, simple églantine, forme la couronne des Vierges à l’enfant des portails des cathédrales. Fleurs à cinq pétales comme l’églantine et l’aubépine ou rose de Damas à multiples pétales, les roses sont associées à Marie surtout par l’immense postérité littéraire chrétienne qui en font une plante biblique symbole de pureté et de virginité. Continuer à lire … « L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Août : l’églantier »

L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Juillet : le liseron

Côté Cathédrale

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La coupe de Marie

La vie de Marie et l’enfance du Christ sont jalonnées d’histoires de plantes. Pendant la traversée du désert égyptien, nombreuses fleurs viennent aider la mère et l’enfant dans leur fuite. Égarée et assoiffée, Marie est secourue par le liseron, qui propose sa corolle pour servir de coupe au vin que lui offre un voyageur.

Le liseron est associé à Saint Pierre qui, comme Saint Jean, possède son bouquet d’herbes médicinales : primevère, gentiane, saponaire, chèvrefeuille et pariétaire. Continuer à lire … « L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Juillet : le liseron »

L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Juin : le lis

Côté Cathédrale

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La fleure de Clovis.

La quasi-totalité des fleurs de lis représentées sur la Cathédrale sont en réalité des iris. La confusion trouve peut être son origine dans l’histoire suivante. Clovis poursuivant les Alamans, à Tolbiac, atteint un étang et décide de le traverser avec ses troupes. Au passage, il attrape un iris qu’il met à son chapeau. On l’appelle « la fleur de Clovis », puis par déformation de « lis ».

Le lis désigne dans la Bible un large groupe de plantes, symboles de l’abandon mystique et fortement associé à la Vierge Marie, d’abord par sa mère Anne dont c’est l’attribut. Son arôme capiteux entraine même sa symbolique vers l’expression « odeur de sainteté ».

Son identification sur le portail latéral nord est très controversée par les botanistes. On peut penser que la fleur est plus stylisée que les autres plantes, mais la présence de boules à la place des anthères, le nombre et la forme des pétales et la disposition de la fleur tête en bas, font plutôt penser à une belladone.

Le seul véritable lis de la Cathédrale de Strasbourg se trouve sur un vitrail côté sud, représenté en vase entre Marie et l’ange Gabriel sur une scène d’Annonciation.

Côté végétal

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Lilium candidum L. – Liliacée

Appartenant à la famille des Liliacées qui comprend près de 700 espèces, le lis blanc est natif de l’est du bassin méditerranéen. « Lilium » vient du mot grec « leírion » qui désignait plante, « candicum » signifie quant à lui blanc pur en latin. Cette plante vivace à bulbe, produit, au printemps, de splendides fleurs au parfum suave, composées de six tépales d’un blanc immaculé, d’un long style et de six étamines à anthères basculantes qui facilitent la pollinisation par les insectes. Le pollen des lis est connu pour tacher facilement et durablement les tissus.

Ce lis particulièrement décoratif est cultivé depuis plus de trois millénaires dans nombreux pays d’Europe méridionale. Il est employé pour l’ornement des jardins, mais aussi en parfumerie et pour ses propriétés médicinales. En médecine populaire, ses bulbes macérés dans l’huile ou l’eau de vie permettaient d’élaborer des cataplasmes calmant les inflammations et hâtant la suppuration des abcès. Les tépales étaient employés pour soigner les brûlures et diverses maladies de peau.

Merci à Frédéric Tournay, botaniste de talent.
Dessin : Jaime Olivares.
Photo : Shirin Khalili.

L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Mai : l’iris jaune

Côté Cathédrale

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« Je serai pour Israël, dit le Seigneur, comme la rosée, il fleurira comme l’iris » (Livre d’Osée). L’iris aquatique, annonce la présence de l’eau fertilisante, symbole de la fraicheur printanière qui fait tant défaut en Palestine. Continuer à lire … « L’herbier de pierre de Shirin Khalili – Mai : l’iris jaune »