La cathédrale et la philatélie – Les timbres commémoratifs, 1

Congrès nationaux et internationaux, colloques, anniversaires, commémorations rythment la vie d’une grande ville comme Strasbourg et donnent lieu à des émissions de timbres qui intègrent l’image de sa cathédrale.

1960 : 150e anniversaire de la première École Normale à Strasbourg

« Sous tous les rapports, la supériorité de l’éducation populaire dans l’Académie de Strasbourg est frappante, et la conviction du pays l’attribue à l’existence de l’Ecole normale primaire », remarquait en 1833 le ministre de l’Instruction publique, François Guizot, alors qu’il signait la loi sur la liberté de l’enseignement.

C’est Napoléon qui, par décret impérial de 1810, créa une « classe normale » pour former les maîtres d’école à Strasbourg, à l’initiative du préfet Adrien de Lezay-Marnésia, soucieux de pallier l’insuffisance d’enseignants francophones. Ce dispositif sera ensuite étendu à la France entière avec les Écoles Normales (aujourd’hui INSPE).

150e anniversaire de la première école normale à Strasbourg, 1960. La façade de la cathédrale est bien visible à gauche.

1976, émission Europa, « l’artisanat » – la faïence de Strasbourg Ce sont les Espagnols, puis les Italiens qui inventèrent une céramique que les Français nommèrent faïence : un émail cru, coloré, porté au feu, mais qui ne fixait pas la couleur rouge. Au XVIIIe siècle, la cuisson sur émail cuit permet une palette de couleurs plus étendue et plus nuancée. Une famille de Saxe, les Hannong, fonde une faïencerie à Strasbourg en 1709. Leur technique connaitra un grand succès grâce aux décors floraux bien rendus. La « façon de Strasbourg » gagnera toute l’Europe.

Europa – Faïence de Strasbourg, 1976. La cathédrale se devine à l’horizon, en bas à droite.

1978 : XIXe championnats du monde gymnastique

Les XIXe championnats du monde gymnastique se déroulent en 1978 à Strasbourg, au Rhénus. Cet évènement n’a lieu qu’une fois tous les quatre ans, ce qui justifie l’émission d’un timbre avec la cathédrale, aux pieds de laquelle « cigognes et athlètes exécutent quelques figures ».

XIXe Championnats du monde de gymnastique à Strasbourg, 1978

1983, 200e anniversaire du premier vol des frères Montgolfier

En 1983, de nombreux pays commémorent en philatélie le premier vol en ballon des frères Montgolfier, acte de naissance de l’aéronautique. Le Paraguay émet pour sa Poste aérienne une série entière, qui inclut l’expérience aérostatique d’un certain Adorne, premiers essais faits à la citadelle de Strasbourg au mois de mars 1784 : un ballon de 80 pieds de hauteur sur 136 de circonférence, déplaçant 113 pieds d’air atmosphérique du poids de 26 ½ quintaux, s’élève dans le ciel strasbourgeois. On reconnait la cathédrale à droite, en dessous de la nacelle.

Paraguay, Postes aériennes – Bicentenaire du 1er vol aérien. Premier vol de l’aérostat d’Adorne, Strasbourg, mars 1784. Le vol a eu lieu à la Citadelle ; la cathédrale se reconnait sur la ligne d’horizon.

Edgard Nullans

La cathédrale et la philatélie – Architecture, sculptures et vitraux

La cathédrale Notre-Dame de Strasbourg fait partie du paysage alsacien. On l’aperçoit de loin et on l’admire de près.

Sur le parvis, on est séduit par la beauté de sa silhouette, la couleur de la pierre en grès rose des Vosges, la tour surmontée de la flèche. Par son charme, elle constitue un chef d’œuvre de l’art gothique et un haut lieu de rencontre.

L’architecture gothique

Rue Mercière, on admire sa façade, haute de 66 m et large de 45 m, les portes de bronze, les trois portails richement sculptés, la grande rose, la tour surmontée de sa flèche culminant à 142 m…

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La cathédrale et la philatélie – La cathédrale et l’Europe

Vignette dentelée avec le Conseil de l’Europe et la Cathédrale de Strasbourg – Européens de tous pays, unissez-vous.

En 1946, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le britannique Winston Churchill lançait l’idée des « États Unis d’Europe ». Ce projet partagé avec le français Herriot, le néerlandais Brugmans et le belge Van Zeeland, aboutit le 5 mai 1949 à la signature, à Londres, du statut du Conseil de l’Europe. Dix jours plus tard, le président Robert Schumann proclame au Palais des Fêtes que Strasbourg sera la tribune que la France offre à l’Europe.

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La cathédrale et la philatélie – L’épopée de la Libération

Le 16 juin 1940, le Maréchal Pétain demande à Hitler la cessation des combats. Pour Charles de Gaulle, c’est une capitulation. Il ne l’accepte pas et s’envole pour Londres, d’où il adresse aux Français son appel à la résistance. Fin juillet, un capitaine de 38 ans, qui a réussi à passer les lignes allemandes et à rallier l’Angleterre, se présente devant lui : Philippe de Hauteclocque.

De Gaulle attribue immédiatement à Hauteclocque une mission de première importance : rallier l’Afrique Équatoriale Française à la cause de la France libre. Pour protéger sa famille des représailles, Philippe de Hauteclocque devient François Leclerc avec le grade de chef d’escadron et s’envole pour l’Afrique. Fin août, toute l’A.E.F. (sauf le Gabon) est acquise.

Promu colonel, Leclerc prend le commandement militaire du Tchad et attaque au nord les possessions italiennes. S’engageant dans le Sahara, il atteint Koufra et emporte l’oasis. C’est là que, fin janvier 1941, il prononce son célèbre serment : « jurons de ne pas déposer les armes avant que nos couleurs flottent à nouveau sur Metz et Strasbourg ». La capitale alsacienne se trouve ainsi étroitement associée à son combat, et la postérité va lier l’image de la cathédrale à l’iconographie de la Libération.

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La cathédrale et la philatélie – L’annexion nazie (1940-1944)

Le 19 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Strasbourg et aussitôt, le drapeau à croix gammée est hissé sur la cathédrale. Le 28, Hitler en personne visite l’édifice, pour lequel il nourrit un grand projet : en faire « un monument national à la gloire du peuple germanique » une fois la victoire finale acquise. En attendant, la cathédrale est fermée au public.

Les autorités allemandes n’émettront aucun timbre à l’effigie de la cathédrale de Strasbourg, mais l’édifice est présent sur de nombreuses oblitérations entre 1940 et 1944. Cependant, les cachets allemands présentent une particularité notable : des lettres distinctives identifient le guichet ou le service du bureau ayant apposé le cachet. Certains bureaux strasbourgeois utilisaient 20 cachets, marqués des lettres a à u.

22.10.40 – Oblitération spéciale « STRASSBURG (ELS) » sur pli affranchi aux timbres « Hindenburg-Medaillon », Deutsches Reich (1932-1939), 6 pf couleur verte, surcharge Elsaß décalée. Lettre a sous le nombre 13.
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La cathédrale et la philatélie – Les premiers timbres (1886-1939)

Depuis la guerre de 1870, Strasbourg est allemande. Son organisation postale ne prévoit que l’acheminement du courrier de ville en ville ; rien n’est prévu pour la distribution des lettres intra-muros. Cent soixante villes allemandes, dont Strasbourg, vont profiter de cette lacune pour se doter d’organismes postaux privés. Ainsi fut créée à Strasbourg, le 1er novembre 1886, la « Privat-Post-Verkehr Strassburg ».

Émission du 13 janvier 1887, type cathédrale (collection personnelle).

Un premier timbre, émis le 4 novembre 1886, reproduit « les armes de Strasbourg » : il fut interdit pour sa grande ressemblance avec les timbres de l’Empire allemand (timbre n° 32 d’Allemagne). Pour éviter la confusion, lui succéda le 1er décembre un nouveau timbre reproduisant la cathédrale de Strasbourg. De 1886 à 1890, 86 timbres, aux valeurs faciales diverses, aux formats et variétés de couleurs différents, cartes lettres et enveloppes, seront émis à l’effigie de la Cathédrale, avec l’inscription dans un cadre du timbre : « PRIVATPOST STRASSBURG ».

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Le plus beau timbre de la cathédrale de Strasbourg

En 1985, l’administration des P.T.T. émet un timbre-poste dédié à la cathédrale de Strasbourg, représentant plus précisément un médaillon en amande sur le jugement du roi Salomon, partie d’un vitrail du transept nord (verrière de droite, 3ème médaillon à partir du haut), œuvre du XIIe siècle finissant. La scène évoque un épisode de la vie du roi des Hébreux : sur son ordre, un soldat s’apprête à pourfendre d’un coup de glaive un nouveau-né que se disputent deux femmes, l’une – la vraie mère – suppliant le souverain à surseoir à son verdict, l’autre en attendant l’exécution.

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